Discours de la DSRSG/RC/HC Nicole Boni Kouassi à la "Rencontre d’orientations stratégiques et de consultation des Partenaires Techniques et Financiers du ministère de l’Environnement"
Monsieur le ministre de l’Environnement, Valéry Fils-Aimé,
Monsieur le Directeur de Cabinet du Premier Ministre,
Monsieur le Représentant de Madame la ministre de la Planification et de la Coopération externe,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Distingués membres du Corps diplomatique et représentants des Partenaires techniques et financiers,
Chers collègues chefs d'agences du SNU, PAM, FAO, UNESCO
Chers membres de la société civile et du secteur privé
Chers membres de la presse,
Mesdames et Messieurs,
Distingués invités, tout protocole observé
C’est avec une gratitude sincère que je prends la parole ce matin, au nom du Système des Nations Unies en Haïti, à l’invitation de Mr le Ministre de l’Environnement. Je souhaite également profiter de cette tribune, en ce dernier jour de deuil national, pour saluer et honorer la mémoire des victimes du drame survenu à la Citadelle Henri, ainsi que de celles emportées par les récentes inondations dans les communes du Nord-Ouest, et de toutes les victimes de la crise sécuritaire. Les Nations Unies réitèrent leur solidarité avec le Gouvernement d’Haïti et le peuple haïtien, et confirment leur engagement à demeurer présentes afin d’appuyer les efforts de stabilité, de relèvement économique et de développement durable.
Monsieur le ministre de l’Environnement, distingués invités,
La tenue de cet atelier témoigne d’une volonté affirmée de renforcer l’intégration des enjeux environnementaux dans les dynamiques de développement durable. L’environnement ne peut être relégué au second plan, ni traité de manière sectorielle ou cloisonnée. Il est central, transversal et intrinsèquement lié à la réalisation des Objectifs de développement durable, à la consolidation de la paix, à la résilience des communautés et à la construction d’un avenir inclusif et durable pour le peuple haïtien.
Face à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti – dans un contexte où près de 6,4 millions de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire d’urgence en 2026, où environ 1,4 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, et où 5,7 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë – il pourrait sembler tentant de reléguer la question environnementale à plus tard, comme une priorité à considérer une fois la paix rétablie.
Pourtant, les défis sécuritaires, humanitaires et socio‑économiques auxquels le pays est confronté sont étroitement liés aux vulnérabilités environnementales. La compétition pour des ressources naturelles dégradées alimente les tensions. La déforestation amplifie les inondations. Les inondations détruisent les moyens de subsistance. La misère nourrit l’instabilité.
Appréhender les vulnérabilités environnementales de manière intégrée permet non seulement d’apporter des réponses durables et structurelles, mais aussi de renforcer la résilience des communautés, de favoriser la cohésion sociale et de réduire les facteurs de fragilité et de tensions. Placer l’environnement au cœur des réponses actuelles, en articulation avec l’action humanitaire, la consolidation de la paix et le développement durable, c’est poser les bases d’une société plus unie, plus égalitaire, plus résiliente et mieux armée pour construire un avenir durable au bénéfice du peuple haïtien.
C’est dans cette perspective que toutes les agences du Système des Nations Unies, notamment PNUE, PNUD, FAO, FIDA, pour ne citer que celles-là, appuient les efforts nationaux à travers la formulation de la politique nationale sur l’environnement, le climat, la paix et la sécurité ; la révision du Plan d'Action National d'Adaptation au changement climatique ; le diagnostic de la situation des déchets dans la zone métropolitaine de Port au Prince ; l’État des lieux des politiques, études et projets relatifs à l’adaptation des secteurs agricoles aux changements climatiques ; la préparation du Guide de planification de l’adaptation au changement climatique des secteurs agricoles ;
Nous apportons aussi un appui dans la constitution du groupe de travail sur les déchets, qui inclut des ministères, des mairies, des organisations de la société civile, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des acteurs du secteur privé ; à l’interne, nous nous assurons que nos équipes comprennent et mettent en œuvre le principe de la transversalité de l’environnement dans nos interventions. Nous travaillons aussi au développement de mécanismes de paiement pour les services environnementaux ; à la réinsertion des jeunes fuyant les violences de la capitale dans leurs communautés d’origine (Corail, Jérémie) ; à la mise en place et à la régénération de systèmes agroforestiers, en appuyant la restauration de 400 ha de terres dégradées, entre autres.
Mesdames et Messieurs,
Le Système des Nations Unies continuera d’appuyer les efforts nationaux, dans un esprit de coordination, de cohérence et d’impact durable, afin de garantir un mieux-être collectif. La table sectorielle environnement que le ministère de l’Environnement propose s’inscrit dans la ligne d’idées que nous appuyons sans réserve. Elle permettra d’éviter les duplications, de maximiser les complémentarités et de suivre ensemble les résultats. Le Système des Nations Unies continuera de s’y engager activement.
Nous soutenons également l’ambition du ministère de mobiliser les mécanismes de financement climatique multilatéraux : le Fonds Vert pour le Climat, le Fonds pour l’Environnement Mondial, le Fonds d’Adaptation, le nouveau Fonds pour les Pertes et Préjudices. Haïti a des droits sur ces ressources. Il a la légitimité d’un pays qui subit de plein fouet des crises climatiques auxquelles il a peu contribué. Le Système des Nations Unies est prêt à accompagner techniquement ces démarches d’accès.
L’environnement est notre bien commun ; il appelle à une responsabilité collective. Le protéger aujourd’hui, c’est agir pour nous‑mêmes, pour nos enfants, pour les femmes et les hommes, et pour les générations présentes et futures. Que ces deux journées d’échanges nous permettent de nous projeter vers des actions durables, concrètes et porteuses d’impact, pleinement attentives aux défis environnementaux et climatiques. Les Nations Unies y sont résolument engagées et demeurent à vos côtés.
Je vous remercie.
Diskou fèt pa
Dr. Nicole Boni Kouassi
RCO
Reprezantant espesyal adjwent pou Biwo entegre Nasyonzini an Ayiti (BINUH)/Kòdonatris rezidant/Kòdonatris imanitè
Objektif nou ap sipòte ak inisyativ sa a
Antite LONI ki ap patisipe nan inisyativ sa a
FAO
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
RCO
Bureau du(de la) Coordonnateur(trice) résident(e)
PNUE
Programme des Nations Unies pour l'environnement
UNESCO
Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture