Allocution du Coordonnateur résident a.i des Nations Unies en Haïti, Ariel Pino, pour la Journée internationale de la Paix 2025
La paix ne se réduit pas à l’absence de guerre. Elle se manifeste par la justice, l’accès à l’éducation, aux services de base, par la cohésion sociale...
Madame la ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique
Monsieur le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle
Monsieur le maire de la Commune de Pétion-Ville
Mesdames, Messieurs, les haut-cadres de la Police nationale d’Haïti et autres institutions de l’État
Mesdames et Messieurs, chères jeunes femmes, chers jeunes hommes,
Chers partenaires et Chers Collègues du Système des Nations Unies
Membres de la presse en général.
C’est un grand honneur pour nous du Système des Nations Unies de réitérer notre engagement continu aux côtés du peuple Haïtien à l’occasion de la Journée internationale de la Paix, célébrée cette année 2025 sous le thème : « Agissons pour un monde pacifique ».
En Haïti, ce thème résonne particulièrement fort. Le pays fait face à des défis immenses qui ne sont pas favorables à un environnement pacifique : la violence qui perturbe le quotidien de la population, fragilise les institutions et amplifie les incertitudes.
Cependant, au cœur de ces difficultés, résonnent aussi chaque jour la résilience, l’énergie et la créativité des Haïtiennes et des Haïtiens. C’est cette force qui doit servir de socle à la construction de la paix; c’est cette force qui doit nous guider vers un avenir plus serein et porteur d’espoir, de certitudes et de succès dans tous les domaines.
La paix ne se réduit pas à l’absence de guerre. Elle se manifeste par la justice, l’accès à l’éducation, aux services de base, par la cohésion sociale et la confiance entre citoyens. Elle appelle aussi à la participation active de toutes et de tous dans les décisions concernant le présent et l’avenir. C’est le sens de l’Agenda « Jeunes, Paix et Sécurité », consacré par la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité, de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité », établi par la résolution 1325 (2000) ainsi que les mesures adoptées dans le « Pacte du Futur ». Ces cadres rappellent que les femmes et les jeunes ne sont pas seulement bénéficiaires de la paix, mais des acteurs essentiels pour la construire et la préserver. Nous ne cesserons jamais de le répéter : la paix est une condition essentielle pour parvenir au développement durable, et les jeunes doivent y jouer un rôle prépondérant.
Dans ce contexte, le lancement aujourd’hui d’une compétition sportive interuniversitaire par les autorités nationales, avec l’appui du système des Nations Unies, et de nombreux autres partenaires, est porteur d’un message puissant. Le sport unit là où les divisions s’installent. Il enseigne la discipline, l’esprit d’équipe, la tolérance et la solidarité. Dans le contexte actuel d’Haïti, il devient un instrument concret de rapprochement, de cohésion sociale et d’enracinement de la culture de la paix.
Ces jeux inter-universitaires ne sont pas qu’un simple tournoi. Ils sont une plateforme de dialogue, d’éducation citoyenne et d’engagement collectif. Ils permettent à la jeunesse universitaire de démontrer son rôle de force motrice du changement, de dépasser les fractures et de tracer la voie vers un avenir plus inclusif et plus équitable afin que tous puissent jouir des opportunités que peut apporter un environnement de paix.
Mesdames et messieurs
Il est important de mentionner que nous sommes à un moment charnière de l’histoire du pays, à l’approche de plusieurs échéances politiques qui représentent sont seulement des exercices démocratiques, mais aussi et surtout une opportunité unique de raffermir le contrat social et de consolider la paix. Pour y parvenir, il est plus que jamais opportun de ne laisser personne de côté, et que les jeunes, incluant les femmes, les personnes en situation de handicap doivent pouvoir faire partie des sphères de décision et d’actions : de la planification, en passant par la mise en œuvre, jusqu’à l’évaluation.
En réitérant nos félicitations aux organisateurs de ces jeux, je vous invite donc, au nom des Nations Unies, à voir dans ces compétitions bien plus qu’un évènement sportif : qu’elles deviennent des moments de sensibilisation et de mobilisation citoyenne, de tolérance; qu’elles deviennent un outil de combat contre la désinformation et la haine qui compromettent la paix. Que chaque victoire reflète l’unité, et chaque rencontre symbolise un pas vers la paix.
Comme l’a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres - à l’occasion des préparatifs de la Journée internationale de la Paix, lorsqu’il a sonné la cloche de la paix, le vendredi 12 septembre, au siège des Nations Unies à New York, - je cite :
« Même dans un monde fracturé, nous pouvons nous rassembler pour faire résonner la paix. Répondons à cet appel », avant d’ajouter : « Nous savons que la paix n'est pas le fruit du hasard », et d’ajouter « Nous devons agir pour faire taire les armes [...] pour investir dans la prévention, le dialogue et la confiance [...] pour soutenir les artisans de la paix, en particulier les femmes et les jeunes, qui sont en première ligne de l'espoir ».
Nous saluons toutes les initiatives, comme cette compétition et le marathon organisé hier sous le leadership de la police communautaire, pour rétablir et consolider cette cohésion sociale et cette paix que nous réclamons toutes et tous. Ces actions incarnent l’esprit de fraternité, troisième pilier de la devise d’Haïti, aux côtés de la liberté et de l’égalité ! Et dans cet élan, je tiens à réaffirmer que le Système des Nations Unies en Haïti, avec le support de ses partenaires, se tient à vos côtés, aux côtés du peuple haïtien.
Je vous souhaite une belle Journée internationale de la Paix, et des jeux universitaires porteurs d’espoir, d’unité et de transformation.
Je vous remercie de votre aimable attention.